Expo Detours« DÉTOURS »
DE LA TOUR PLEYEL AUX TOURS DE MAGIE

Agathe DOS SANTOS

Rencontre avec Agathe Dos Santos le samedi 14 mai 2022
à 11h00 à la médiathèque Georges Delaw (Sedan)
et à 14h30 au Micro-folie de la médiathèque Ronde Couture

 

 

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« DÉTOURS » De la tour Pleyel aux tours de magie

En 2020, à la sortie du confinement, j’ai intégré un nouvel atelier à Saint;Denis, à la lisière de Paris, dans une ancienne usine Christofle réaménagée en ateliers d’artistes : l’Orfèvrerie.

Chaque matin, pour y aller, je traversais le quartier Pleyel dominé par sa tour éponyme en cours de restructuration.

En passant devant la tour, je comparais ses éclats de rouille à ceux de l’ancienne usine dans laquelle je me rendais pour peindre.

Ces bouts de matière altérée ; révélateurs du processus de ruine en cours ; me fascinaient, et bientôt la tour Pleyel et l’Orfèvrerie devinrent les nouvelles balises de mon parcours de rêverie.

L’aura de l’Orfèvrerie me troublait : j’avais beau me rappeler qu’elle fut une véritable usine ; témoin du passé industriel de Saint;Denis, je ne pouvais m’empêcher de la voir comme un décor de film : Méliès lui;même en aurait fait son studio !

Chaque fois que je pénétrais son enceinte, je revivais la sortie d’usine des ouvrières filmées par les frères lumières, en me disant que la limite entre fiction et réalité avait toujours été ténue, depuis la naissance même du cinéma.
Que c’était peut;être cela, la magie du cinéma.

La tour Pleyel, quant à elle, seule témoin d’une tentative avortée de faire du quartier Pleyel un deuxième la Défense, avait directement basculé du côté de la fiction, d’après moi : avec son air tragique de tour désossée, accentué par sa hauteur démesurée, elle m’apparaissait comme la version redressée d’une épave échouée sur le sable.
Je l’imaginais aisément se faire foudroyer, comme l’Arcane du tarot La Maison Dieu, en véritable tour de Babel urbaine.

Les tableaux que je présente dans l’exposition DÉTOURS ; De la tour Pleyel aux tours de magie sont le fruit de ce « parcours de rêverie » qui englobe la tour Pleyel, l’Orfèvrerie, la magie ; du cinéma (mais pas seulement), et d’autres images ou thématiques reliées à ce « chemin de pensée ».

À travers cette exposition, je cherche à montrer la bascule entre la fiction et la réalité : comment montrer, matérialiser et légitimer les liens que je tisse dans mon imaginaire, entre différents éléments qui n’ont à priori rien à voir entre eux ?

Pour cela, j’ai mis en place un processus de création :

Chaque élément auquel je veux faire référence dans mon travail artistique doit d’abord exister sous forme d’image (photographie, impression numérique, cyanotype, gravure). Je conserve le plus d’images possible pour pouvoir élargir les possibilités de connexions entre ces dernières.

Ma méthode pour les relier est simple : j’étale les images devant moi, et j’essaie de trouver des rapports entre elles. Puis, lorsque les assemblages d’images me semblent cohérents, je les mets en scène, et j’en fais des tableaux.
Le processus d’archivage et de réutilisation constante d’images me permet d’avoir du recul sur mon travail, et de constater la redondance de certains motifs ou de certains thèmes.
Ainsi certaines images se greffent naturellement les unes aux autres, et l’espace d’exposition devient le lieu de nouvelles connexions possibles.